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BREVES DE LA MER (5)

25/07/2008 - 3B Conseils - Cette semaine : une fracassante déclaration d'Al Gore, deux nouveaux projets hydroliens sur la côte Est des Etats-Unis, des adresses d'offres d'emplois liées à la mer et la bonne santé économique d'un futur géant de l'éolien... ce qui ne signifie que nous abandonnons notre rubrique architecture sous marine de l'été. Cette rubrique devient même à partir d'aujourd'hui permanente dans la colonne de droite du blog, sous les logos de nos partenaires médias. Les lecteurs qui reçoivent ces infos par courriel sont invités à aller la consulter (ICI). Pour cette première, à tout seigneur tout honneur, c'est à un projet de Jacques Rougerie, architecte et océanographe qui a réalisé notamment l'Océanopolis à Brest et le Musée d'archéologie sous-marine d'Alexandrie que Les Energies de la Mer rendent hommage.
Francis Rousseau


AL GORE ET LE NOUVEAU " DEFI LUNAIRE "
ETATS UNIS - Dans un discours au Constitution Hall de Washington, le 17 juillet dernier, Al Gore a précisé sa vision de la façon dont les Etats Unis devaient faire face aux défis énergétiques du futur (principaux extraits (ICI)). Il s'est prononcé en faveur d'un véritable nouveau " défi lunaire ", faisant référence implicite aux formidables avancées technologiques qu'avaient suscité la décision de la Conquête de la Lune par John F. Kennedy. Il a lancé à la nation américaine le défi de produire 100% de son énergie d'ici à 10 ans à partir des seules énergies renouvelables. C'est effectivement d'un tsunami énergétique dont il s'agit si on prend ce défi au pied de la lettre !

2 NOUVEAUX PROJETS D'ENERGIE DES COURANTS
ETATS UNIS - Le premier concerne 50 turbines exploitant l'énergie des courants et destinées à alimenter en électricité les services publics locaux de Nantucket et Edgartown avec 2 mégawatts de production. Selon les projections de l'Electric Power Research Institute, il y aurait là assez d'énergie pour alimenter environ 1500 foyers à raison de 1,3 kilowatts par maison et par jour. Le deuxième projet porté par Massachusetts Tidal Energy Co. est prévu pour Vineyard Sound et nécessitera la mise en place de 150 hydroliennes dans un courant dont la vitesses est estimée à 2 mètres par seconde.

OFFRES D'EMPLOIS LIEES A LA MER ?
INTERNATIONAL - Avant que notre blog n'inaugure un de ces jours prochains une rubrique consacrée aux jobs disponibles dans le domaine spécifique des Energies Renouvelables de la Mer, voici, à toutes fins utiles, les adresses de plusieurs sites spécialisés qui proposent des offres d'emplois liées au monde de la mer. CLIC AND SEA ; EMPLOI ENVIRONNEMENT ; CFD ONLINE ; EARTHWORKS JOBS ; SEA JOB. Et... merci à notre correspondant de l'Université de Caen de nous les avoir communiquées.


REPOWER EN TRES FORTE EXPANSION
ALLEMAGNE - Les performances de la compagnie auraient atteint 240,9 millions EUR entre le 1er avril et le 30 juin 2008 contre 105,5 millions EUR pour la période correspondante de l'année précédente. Dans la même période, la compagnie a installé 138 éoliennes avec une production totale de 276 mégawatts. Sur un an les ventes ont augmenté de 126%. Le carnet de commandes à fin juin 2008 contenait des conventions d'achat de 718 éoliennes pour une puissance nominale totale de 1522,6 mégawatts.

LA CARAIBE ET LES RENOUVELABLES
BAHAMAS - Le 23 et le 24/07 s'est tenu à Nassau, le Caribbean Regional Sustainable Energy High Level Seminar organisé par l'Organisation des États américains (OEA). Au cours des diverses tables rondes prévues, ont été évoquées les implications politiques des questions énergétiques, les pratiques de développement des diverses technologies d'énergies renouvelables existantes, et la question des financements à travers les partenariats public-privé. Selon la Banque Interaméricaine de Développement, dans cette région de la Caraïbe, ce sont surtout l'éolien, le solaire et les biocarburants algaux qui semblent être appelés au plus fort développement dans les années qui viennent. Compléments d'informations ICI

Relance du projet éolien London Array


LONDRES (Royaume-Uni) - 24/07/2008 - 3B Conseils - Le projet London Array de plus grand parc éolien offshore du monde (1000 mégawatts aux portes de Londres) a été soudainement relancé le 20/07/08, lorsque le groupe allemand E. ON et le danois Dong Energy ont accepté d'acquérir les 33% investis puis retirés du projet par Shell Royal Dutch. E.ON et Dong qui possédaient déjà chacun 1/3 de participation dans le projet vont donc maintenant devenir partenaires à 50-50 de la part Shell Royal Dutch, l'ex troisième partenaire. Rappelons que Shell avait décidé de se retirer du projet London Array en mai dernier après qu'un étude interne ait indiqué que le projet ne présentait pas les garanties suffisantes de rendement au regard de l'investissement consenti (cf notre article ICI). L'augmentation du coût des matières premières avait fait grimper le coût du projet à plus de 2.5 billions de livres (EUR 2,7 milliards), bien au-delà des prévisions initiales de 1,5 billions de livres (EUR 1,8 milliard) prévus trois ans auparavant. Cette annonce et ce rachat sont les bienvenus pour un gouvernement britannique qui a pris un retard certain par rapport aux objectifs qu'il s'est imposé de produire 15% d'énergie renouvelable d'ici à 2020. Cette nouvelle a d'autant mieux été accueillie qu'elle est tombée en même temps que celle, annoncée par le journal The Scotsman, de l'approbation finale du plus grand parc éolien onshore d'Europe, prévu en Écosse dans le South Lanarkshire. Cela porte à 176 le nombre de projets éoliens actuellement en chantier au Royaume Uni selon la British Wind Energy Association (ICI). Alors qu'une très vive opposition politique s'était levée concernant l'esthétique des parcs éoliens au Royaume-Uni au début de leur implantation, il semblerait désormais qu'un changement important dans la perception des enjeux se soit définitivement opéré. Le pragmatisme économique semble l'avoir emporté en faveur de l'énergie éolienne onshore et offshore sur l'île.
Article : Francis Rousseau
Documents de référence : sites liés. Photo : © E. ON

SeaGen fournit le réseau en électricité mais se casse...


STRANGFORD LOUGH (Irlande du Nord) - 23/07/2008 - 3B Conseils - SeaGen, la toute première hydrolienne commerciale du monde développée par la compagnie britannique Marine Current Turbines (MCT) vient de délivrer ses premiers kilowatts d'électricité produits à partir des courants marins au réseau anglais. Il s'agit pour cette première mondiale de 150 kW, mais à pleine puissance d'ici quelques semaines, c'est 300 kW qui seront délivrés. C'est volontairement que pour l'ensemble de la phase de tests commerciaux, les concepteurs de SeaGen ont limité la puissance à 300 kW sachant qu'une fois pleinement opérationnelle cette hydrolienne pourra générer 1.2 MW correspondant à l'alimentation en électricité de 1000 foyers. A l'occasion de cette première Martin Wright, le directeur général de Marine Current Turbines, positivement transporté d'enthousiasme, a même déclaré : " C'est une étape importante pour l'entreprise mais aussi pour le développement de l'ensemble du secteur des énergies renouvelables de la mer. Le milieu marin pose un certain nombre de défis techniques uniques… que nous sommes ravis que Marine Current Turbines ait pu relevé avec une autre première mondiale dans ce secteur ". L'autre première mondiale ayant consisté, voici quelques mois, à mettre à l'eau un tel type d'engin. (cf. notre article du 22/05/08 ICI). Ceci dit, c'était aller un peu vite en besogne et oublier qu'avec la mer il faut se garder de tout triomphalisme ! Hier en effet, à peine cette déclaration faite, Marine Current Turbines annonçait sur son site (ICI) qu'un incident inattendu du à une erreur de pilotage informatique venait de provoquer la rupture des deux pales d'un des deux rotors de la turbine testée à Stranford Lough. Cet incident, qui ne remet en rien en cause la validité de cette technologie, n'aura aucun d'effet notoire sur la poursuite du programme et retardera tout au plus de quelques semaines la fin du processus de validation de SeaGen qui était attendu pour la fin de l'été. Saluons au passage la transparence et la rapidité de la transmission de l'information des services de Marine Current Turbines ! Concernant ce projet, diverses importantes associations environnementales se sont déjà exprimées et de façon plutôt positive. Ainsi Robin Oakley, responsable des énergies et du climat chez Greenpeace Royaume-Uni a déclaré : " La Grande-Bretagne doit être à l'avant-garde du développement des technologies des énergies renouvelables de la mer. Notre île possède d'énormes gisements éoliens et nous devons saisir toutes les possibilités qui s'offrent à nous de tirer de l'énergie de cette richesse inépuisable qui s'écrase chaque jour sur nos côtes ". A court terme, il semblerait qu'un projet de 10,5 MW au large de la côte d'Anglesey, au nord du Pays de Galles, soit envisagé par M.C.T. à l'horizon 2011-2012. Personne ne parle chez M.C.T. pour l'instant, d'une éventuelle collaboration avec EDF sur le projet d'implantation de la première ferme hydrolienne française au large de Paimpol...
Article : Francis Rousseau
Documents de référence : Sites liés. Photos : Immersion de l'hydrolienne SeaGen © M.C.T.

Biodiesel algal et aduction de carbone


SAN DIEGO (Etats-Unis) - 22/07/2008 - 3B Conseils - HR BioPetroleum, entreprise spécialisée dans le domaine des biocarburants, surtout connue pour avoir adopté un procédé de croissance des algues marines recyclant le CO2 émis par l'industrie traditionnelle, a annoncé la semaine dernière avoir signé deux protocoles d'accord importants avec deux grands acteurs économiques d'Hawaii. Il s'agit d' Alexander & Baldwin et de Hawaiian Electric and Maui Electric Cos. (HEMEC). Le but des accords est de fournir du biodiesel algal recyclant le CO2 provenant d'une centrale électrique voisine appartenant précisément à HEMEC. Selon les termes de cet accord, HR BioPetroleum sera propriétaire de l'installation qu'il exploitera et dont il aura contribué à assurer le financement ; Alexander & Baldwin se chargera de fournir les terrains ; HEMEC prendra en charge les procédures de permis de construire et la réalisation du pipeline de CO2 menant de son usine de Ma'alaea à la ferme de culture d'algues marines adjacente. HR BioPetroleum estime que la première phase de production pourrait commencer dès 2011, à condition que les formalités soient remplies dans les délais, que le financement soit rapidement bouclé, et que les (nombreux) problèmes techniques restant à résoudre le soient. De son côté la gouverneur d'Hawaii, Linda Lingle, pense que cette nouvelle source d'énergie sera le principal contributeur à l'objectif de son pays de produire 70% d'énergie propre avant 2030. Aucun détail en ce qui concerne les coûts de ce biodiesel algal n'a été fourni par HR BioPetroleum qui semble d'ailleurs très peu disposé à aborder le sujet. Fondé en 2004, HR BioPetroleum utilise le double procédé ALDUO de croissance des algues marines grâce à des photo-bioréacteurs agissant à la fois en plein air et en milieu clos. Ce procédé technologique très innovant a été breveté à partir d'une souche non modifiée d'algues de la Hawai'i Pacific University développée par le biais de la société Cellena (créée en partenariat financier avec Royal Dutch Shell) dans une installation de démonstration construite sur la côte de Kona à Hawaii. Il faut cependant rappeler que HR BioPetroleum n'est pas la seule compagnie à utiliser ce procédé dans le monde (cf. notre article du 17/06/2008 ICI). Indépendamment de ce partenariat de choix, HR BioPetroleum affirme par ailleurs disposer de 2,5 millions de dollars à consacrer à la recherche, somme fournie par le National Defense Center of Excellence for Research in Ocean Sciences (CEROS), le Ministère américain de l'Energie et l'Université d'Hawai'i Pacific. La société s'attend à recueillir des fonds additionnels en 2008.
En Europe aussi des chercheurs de l'Université de Wageningen (Pays Bas) et d'un institut néerlandais de valorisation des technologies marines, Wetsus, souhaitent augmenter la production à l'hectare des algues marines destinées à la production de biocarburants par une meilleure adduction du dioxyde de carbone et des nutriments. C'est pourquoi ils recommandent de construire les réacteurs algaux près des centrales électriques qui produisent une grande quantité de CO2. Quel hasard ! Ce projet de recherche mené en partenariat avec des entreprises d'énergie européennes telles que les belges Eneco Energie et Nuon, dispose d'un budget d'1 million d'euro.
Consultez tous nos articles consacrés aux biocarburants algaux et à l'énergie tirée des microalgues marines ICI.
Article : Francis Rousseau
Documents de référence : HR. BioPetroleum ; HEMEC ; Maui Government ; National Defense Center of Excellence for Research in Ocean Sciences (CEROS); U.S. Department of Energy ; Hawaii University ; Wageningen Universiteit. Wetsus . Schéma © HR BioPetroleum (pour agrandir l'image, cliquer dessus)

Anaconda : une importante évolution technologique


SOUTHAMPTON (Royaume-Uni) - 21/07/2008 - 3B Conseils
Comme nous le laissions entendre dans notre article du 1er Juillet (ICI), le système anglais Anaconda d'exploitation d'énergie des vagues suscite de très nombreux intérêts au point que la M.I.T Technology Review, habituellement très avare en articles concernant les renouvelables de la mer lui a consacré tout un article la semaine passée (ICI). Le rédacteur de l'article qui commence par rappeler que le Département américain de l'Energie estime à 2 milliards de watts le potentiel de l'énergie des vagues ne manque pas de souligner toutefois que le défi technologique à relever pour tirer tout le parti de cette ressource au meilleur prix est " herculéen ". Car c'est bien d'une question de prix de revient de l'électricité produite qu'il s'agit dans toutes les technologies des vagues actuellement testées à travers le monde et dont nous parlons régulièrement ici, des plus célèbres comme le Pelamis aux moins connues comme le Wave Dragon... Pour l'instant, cette nouvelle technologie Anaconda, est en cours d'élaboration au Royaume-Uni sous forme d'une maquette de laboratoire de 8 mètres de long et de 25 cm de diamètre. La grandeur réelle du prototype final atteindra 200 mètres de long et 7 mètres de diamètre. Ce nouveau monstre marin serait alors capable de produire 1 MW de puissance pour un coût estimé à environ 0,12 dollars du kilowatt-heure (0,7 centimes d'euro), ce qui est jugé comme compétitif par rapport aux coûts de l'électricité en provenance d'autres technologies similaires exploitant l'énergie des vagues. Comment Anaconda en arrivera-t-il à obtenir de tels résultats ? Tout simplement en employant - contrairement aux autres engins actuels - aucun matériau lourd pour sa construction mais... du caoutchouc et de l'eau. Il s'agit en effet d'un long tube en caoutchouc rempli d'eau et fermé aux deux extrémités. " L'Anaconda de 1MW qui utilisera 110 tonnes de caoutchouc sera plus léger et moins cher que tous les autres engins exploitant l'énergie de vagues tout simplement parce qu'il utilise moins de pièces mobiles, de charnières et en général de métaux que les autres systèmes " précise John Chaplin, ingénieur en génie civil et professeur à l'Université de Southampton chargé de mener les tests du projet qui ajoute, que " sa structure en caoutchouc devrait beaucoup simplifier son entretien et accroître notablement sa résistance aux fortes vagues ". Nous sommes très loin des 770 tonnes de ferraille du procédé Pelamis et de ses 120 mètres de câbles métalliques et poulies. Nous sommes très loin de toutes les technologies testées jusqu'à aujourd'hui et dont le principal inconvénient est d'utiliser un matériau (le métal) extrêmement sensible à la corrosion marine et surtout... très cher. Techniquement l'Anaconda flotte horizontalement juste au-dessous de la surface de la mer mais amarré au plancher océanique. John Chaplin explique : " Une extrémité fait face au ressac alors que l'autre contient la turbine. Lorsque la vague vient frapper le tube, cela crée un onde dans l'eau qui se trouve à l'intérieur du tube. L'onde ainsi créée se propage dans le tube avec une vitesse qui est fonction de son diamètre, de l'épaisseur des parois, et de l'élasticité du matériau. Le tube est conçu de manière à ce que la vitesse de l'onde interne créée soit la même que celle de la vitesse de la vague. La vague se déplace à l'extérieur du tube à côté de l'onde interne, ce qui a pour effet de la rendre de plus en plus grosse et de l'acheminer vers la turbine avec une puissance maximale ". Les tests en laboratoire dureront 3 ans mais, d'ores et déjà, cette évolution technologie majeure dans le domaine de l'exploitation de l'énergie des vagues en surface semble beaucoup intéresser les Etats-Unis dont le potentiel est estimé, selon Electric Power Research Institute, à 2100 terawatt-heures par an.
Article : Francis Rousseau
Documents de référence : Engineering and Physical Sciences Research Council, UK ; M.I.T Technology Review. Photos 1: simulation de plusieurs systèmes Anaconda en siutation de production © Engineering and Physical Sciences Research Council, UK. 2 : le prototype-mauqette Anaconda testé en laboratoire © Engineering and Physical Sciences Research Council, UK

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