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Les Maldives se commandent une île flottante



MALÉ - (République des Maldives- AOSIS) - 19/03/2010- 3B Conseils - Premier état insulaire à être confronté très concrètement à l'élévation du niveau de la mer, la République des Maldives, constituée de 1 199 îles, dont 202 habitées, vient de commander la construction d'une île flottante artificielle au constructeur néerlandais Dutch Docklands. Ce constructeur s'est notamment rendu célèbre en élaborant une partie des îles artificielles pour milliardaires au large de Dubaï appelées The World qui reproduit, dans un archipel de 300 îles artificielles, la forme des 5 continents (détail du projet ICI).
J'ai déjà parlé de ce constructeur à travers sa société Water Studio et de son étonnant projet de terminal portuaire en pleine mer le 12 février 2010 ICI.
C'est cependant une technique un tout petit peu différente de celle employée pour construire les îles artificielles de The World que Dutch Docklands aurait l'intention d'utiliser pour honorer la commande des Maldives. L'enjeu, lui aussi, est totalement différent puisqu'il ne s'agit plus de créer des espaces artificiels de loisirs pour richissimes oisifs en mal de sensations mais d'aider la République des Maldives à préparer son avenir face à la montée de l'océan et à compléter les mesures déjà prises par la mise en oeuvre d'un plan d'évacuation massive des premières îles submergées de son territoire. Un programme de construction de milliers de logements a d'ores et déjà été lancé par le gouvernement pour accueillir les premiers réfugiés climatiques. Rappelons que le 17 octobre 2009, à titre symbolique, le président des Maldives, Mohamed Nasheed, a organisé un conseil des ministres sous-marin, à 3 mètres sous l'eau, afin d'alerter l'opinion publique internationale sur le risque de disparition de son pays (dont le point culminant se situe à 3 mètres au-dessus du niveau de la mer), et des autres pays de l'AOSIS, l'Alliance des petits États insulaires vulnérables à une future montée du niveau des océans.
Persuadée donc que l'humanité est confrontée avec la montée des océans au pire problème de toute son histoire, (n'en déplaise à Claude Allègre et aux négationnistes du changement climatique), la République des Maldives fait montre d'une imagination politique dont beaucoup de pays pourrait s'inspirer avec profit pour tenter de pallier à la catastrophe annoncée qui a commencé à s'abattre sur son territoire lentement, très lentement mais inexorablement. Pour l'instant la montée des eaux aux Maldives est de 3mn par an et au rythme actuel il faudra attendre 2100 pour que le territoire situé à 3 mètres au-dessus de la mer soit submergé. Le constructeur néerlandais pense que le problème de la montée du niveau des océans pourra être minimisé par l'inventivité et en particulier par la mise au point d' îles flottantes semblables aux maisons flottantes déjà construites aux Pays-Bas qui donnent toute satisfaction lors des inondations auxquelles le pays est régulièrement confronté. L'entreprise s'est désormais spécialisée dans les solutions spécifiques pour les endroits de la planète où la montée du niveau des océans devient le plus problématique et où la poldérisation traditionnelle n'est pas suffisante pour enrayer le problème ou alors trop onéreuse à mettre en œuvre. L'île flottante imaginée pour les Maldives (cf. simulation de tête d'article) peut être amarrée à la terre de sorte qu'elle peut rester assez stable. Elle peut aussi être construite en pleine mer et ses fondations peuvent abriter une vie sous-marine organisée avec notamment une industrie de pisciculture. La plage de cette île totalement flottante offrirait tous les avantages d'une plage normale mais en plus rationnel d'un point de vue écologique, si l'on peut dire, en ce qu'elle serait exempte des problèmes d'érosion. Sur les plans assez mystérieux pour l'instant de cette future île, le sable repose sur une couche de mousse et sur une plate-forme de béton, descendant en pente très douce et très longue sous l'eau. Avec ce système d'île artificielle, Dutch Docklands prétend être capable de conserver le rythme physique des marées et, ce, quelles que soient les variations du niveau de la mer. L'île ne serait donc jamais submersible.
Installé à Dubaï parce que selon l'entreprise "tout y est possible", l'entreprise hollandaise affirme que l'île conçue pour les Maldives sera construite sur un modèle moins proche de celui de Palm Jumeirah, (île balnéaire artificielle de 11 milliards d'euros dont les travaux débutés en 2001 pourraient s'achever en 2013) que du modèle de l'île commandée récemment par l'émir de Dubaï en personne pour sa propre famille. À la fin du 21e siècle, il serait en effet probable qu'une partie de Dubaï, paradis actuel du tourisme de luxe, puisse aussi, selon certaines sources alarmistes, être submergé par les eaux pour les mêmes raisons que les Maldives. Loin de toute considération futile, l'île flottante commandée par l'émir Mohammad ben Rached Al-Maktoum devrait assurer la survie de la progéniture princière et de la dynastie dubayote au 22e siècle !
Pour les Maldives, le remplacement de son territoire est déjà une question de vie ou de mort et le gouvernement n'a pas jugé superflu de s'en précoccuper 90 ans à l'avance.

Article : Francis ROUSSEAU

Docs : sites liés. PHoto1 © Dutch Docklands. 2 THE WORLD 3. beach Island© Dutch Docklands.

AEGIR PROJECT : 4 milliards USD pour 1000 MW d'éolien offshore sur le Lac Michigan.




GRAND HAVEN- (Michigan - Etats-Unis) - 18/03/2010 - 3B Conseils - Selon le journal Grandhaven Tribune ICI et Associated Press, le promoteur de projet éolien basé dans le Minnesota Scandia Offshore Wind LLC vient de proposer un nouveau projet d'implantation de parc éolien sur le Lac Michigan. S'exprimant à la tribune du Centre des énergies renouvelables de la Grand Valley University, Scandia Offshore Wind a révélé qu'il comptait consacrer à ce projet éolien offshore pas moins de 4 milliards de dollars et que le bébé répondra au nom de projet Aegir (à ne pas confondre avec un projet européen antérieur, du même nom !). Le projet prévoit notamment la construction d'un parc éolien à 6 miles au large de Grand Haven dans les comtés de Mason et Oceana. La structure permettrait de générer 1000 MW (soit 1 tranche de nucléaire français) avec une première phase de 500 MW. Mais ce qui est le plus original dans ce projet tient dans le fait que ces 1000 MW offshore comprennent 50 mégawatts générés par un autre parc éolien à Ludington et surtout 150 MW produits par un équipement situé à terre près du site de retraitement des eaux usées de Muskegon. Ce serait donc la première fois qu'un projet éolien à terre et un projet éolien offshore seraient reliés entre eux pour fournir une électricité commune au réseau national. Techniquement les éoliennes seraient ancrées à 80 mètres de fonds dans le lac pour la première tranche de 500 MW. Les porte-paroles de Scandia Offshore affirment que les emplacements choisis sont parmi les meilleurs en terme de ressource (vitesse des vents de l'ordre de 8 à 9 mètres/seconde à 100 mètres de hauteur), que l'accès au réseau électrique national y est facile et qu'enfin la proximité de grands centres urbains comme Chicago et Detroit fournit des opportunités de développement considérables. Avec ces nouveaux projets, Scandia Offshore met en avant sa volonté de booster l'emploi en apportant environ 3000 emplois stables dans cette région qui ne s'est toujours pas remise de la faillite de l'industrie automobile américaine.
Ce gros projet sera mené en collaboration avec le très discret équipementier éolien norvégien Havgul Clean Energy, ce qui risque de poser problème au niveau politique dans une Amérique que la crise a repliée sur le protectionnisme industriel que l'on sait. Les promoteurs comptent sur le fait que 3000 emplois à la clé devraient représenter un enjeu suffisant. Le projet aura besoin de tous les soutiens locaux avant de se lancer dans le marathon de l'obtention des permis fédéraux. Les promoteurs du projet comptent qu'il sera opérationnel à l'horizon 2020. Steve Warner, directeur de Scandia Wind Offshore, a déclaré qu'il prévoyait une " entrée en phase de construction d'ici 4-5 ans, si tout se passait comme prévu après la phase d'étude préalable de deux ans à démarrer sous peu ". Les responsables de la compagnie ont fait savoir qu'ils ne comptaient cependant pas se lancer dans des démarches interminables et qu'ils comptaient bien, avant de lancer le projet, obtenir un consensus général parmi les fonctionnaires du Comté d'Ottawa avant d'aller de l'avant. " Ainsi si, pour une raison ou une autre, les fonctionnaires du Comté d'Ottawa (Etats-Unis) ne donnent pas leur d'accord sur le choix du site nous n'insisterons pas et nous avons prévu de nous installer ailleurs."
Selon T. Arnold "Arn" Boezaart - membre du Conseil de l'éolien sur les Grands Lacs - ce nouveau projet devrait permettre de développer plus rapidement la capacité éolienne offshore déjà prévue par les Etats de New York, d'Ohio, d'Ontario et du Wisconsin sur les Grands Lacs. " Il me paraît de plus en plus évident, a-t-il dit, qu'une industrie éolienne offshore verra le jour, ici un jour ou l'autre ".
Comme d'habitude dès qu'il s'agit d'éolien et d'éolien offshore, des oppositions locales ont commencé à se faire jour, notamment de la part des associations de plaisanciers pour qui les Grands Lacs constituent un terrain de jeu d'exception. Heureusement l'Amérique d'aujourd'hui est plus préoccupée de satisfaire les demandes de ses chercheurs d'emplois que de ses plaisanciers.

Article : Francis ROUSSEAU

Docs : sites liés. Photo : Le phare de GrandHaven

Le Crown Estate nomme les exploitants des premiers baux commerciaux accordés en mer




LONDRES - (Royaume-Uni - U.E.) - 17/03/2010- 3B Conseils - C'est une annonce très importante que vient de faire hier le Crown Estate ICI en publiant les noms des soumissionnaires retenus pour les premiers baux commerciaux accordés à long terme dans les eaux territoriales britanniques pour l'exploitation de l'énergie des vagues et des courants en vue de produire de l'électricité. Ces baux concernent 10 sites, tous situés en Écosse autour de Pentland Firth et dans les Orkneys Islands (Iles Orcades). Ces sites auraient la capacité de fournir 1,2 GW d'électricité au réseau britannique d'ici 2020 uniquement à partir de l'énergie des vagues (600MW) et des courants (600 MW). Selon le Crown Estate cela représente assez d'électricité pour répondre aux besoins de près de 750 000 foyers et quatre fois plus d'électricité que ce qui est produit par la centrale nucléaire britannique de Dounreay. Cela permet à Roger Bright, directeur général du Crown Estate, de déclarer non sans malice : " Voilà qui prouve au monde entier que les énergies marines peuvent produire une puissance électrique importante et offrir une véritable alternative à la production d'énergie classique. Cette nouvelle industrie a un avenir brillant et prometteur, avec de grandes quantités d'énergie non exploitées dans la mer tout autour de nous. " Bien entendu cette déclaration ne vise aucun pays ayant fait le choix du nucléaire comme source d'énergie principale et encore moins un pays membre de l'U.E. !
Quant à Alex Salmond, le Premier Ministre d'Écosse qui avait déclaré que sa région était " l'Arabie Saoudite des énergies marines ", il a persisté et signé en rappelant qu'avec ces premiers baux du Crown Estate, sa région " avait déjà dépassé l'objectif initial de 700 MW installés ". Il a aussi ajouté que la concurrence entre les développeurs pour occuper la superficie mise en location par le Crown Estate lui avait paru saine et avait abouti aux offres de plus de 20 compagnies candidates sur 42 sites. Toutes n'ont pas été sélectionnées...
Certains développeurs de technologies marines renouvelables ont absolument tenu à signer ces baux locatifs accordés à long terme sur le territoire maritime britannique par le Crown Estate (qui en reste propriétaire) dans le but de faire progresser le développement de leurs installations d'énergie des vagues et des courants et de se donner le temps de les valider commercialement in situ. En tant que propriétaire des fonds marins du Royaume-Uni dans la limite de 12 miles nautiques dans les eaux territoriales et en tant que propriétaire de 55% de l'estran, le Crown Estate a travaillé en étroite collaboration avec ses partenaires institutionnels à savoir le Gouvernement écossais, Highlands & Islands Enterprise (HIE), le Orkney Islands Council et le Highlands Council, de façon à maximiser les bénéfices des programmes d'énergies renouvelables offshore dans les zones les plus propices, en l'occurrence l'Écosse.
Les (heureux) développeurs qui ont signé un total de 10 baux de locations à long terme avec le Crown Estate sont les suivants :

Énergie des vagues :
1. SSE Renewables Developments Ltd pour 200 MW sur le site de Costa Head.
SSE Renewables Developments Ltd apparaissant comme le grand vainqueur de cette compétition puisqu'il se voit attribuer au total l'exploitation de 800 mégawatts (MW) en énergie des courants et énergie des vagues confondues avec ses partenaires technologiques Aquamarine Power Ltd (systèmes d'extraction d'énergie des vagues Oyster) et OpenHydro.
2. Aquamarine Power Ltd & Renewables SSE Developments Ltd pour 200 MW sur le site de Brough Head
3. Scottish Power Renewables UK Ltd pour 50 MW sur le site de Marwick Head
4. E. ON pour 50 MW sur un site au Sud-Ouest des Orkney Islands
5. E. ON pour une autre tranche de 50 MW sur un site différent du précédent toujours au Sud-Ouest des Orkney
6. Pelamis Wave Power Ltd pour 50 MW sur le site d'Armadale.

Énergie des courants :
7. SSE Renewables Developments (UK) Ltd pour 200 MW sur le site Westray South
8. SSE Renewables Holdings (UK) Ltd & OpenHydro Site Development Ltd pour 200 MW sur le site de Cantick Head
9. Marine Current Turbines Ltd pour 100 MW sur le site de Brough Ness
10. Scottish Power Renewables UK Ltd pour 100 MW sur le site du Ness of Duncansby.

Le Premier Ministre écossais, Alex Salmond, jamais en reste d'une salve conquérante, a déclaré : " Si les grandes sociétés internationales travaillant dans le domaine des énergies renouvelables et les innovateurs continuent d'être attirés par les eaux écossaises, c'est parce qu'elles offrent 1/4 des ressources en énergie des courants et en énergie éolienne offshore de l'Europe et 1/10 de la capacité en énergie des vagues du continent. Ainsi avec quelque 11 GW de développements éoliens offshore prévus, toutes ces sources d'énergies renouvelables marines cumulées démontrent largement que l'Ecosse est en bonne position pour prendre la tête du développement et du déploiement d'une énergie propre et verte en Europe ".
Roger Bright, directeur général du Crown Estate, a enfoncé le clou en concluant :
" L'annonce d'aujourd'hui témoigne de la position du Royaume-Uni de leader européen dans le domaine des vagues et des technologies d'exploitation d'énergie des courants. "
On avait déjà bien remarqué que le gouvernement britannique ne manquait pas une occasion de marteler ce discours, on constate aujourd'hui qu'il est parfaitement relayé par toutes les autres institutions du pays et par les gouvernements locaux des divers pays qui forment le Royaume-Uni. C'est ce que l'on appelle un enjeu national.

Article : Francis ROUSSEAU

Doc : Sites liés. Photo © Open Hydro

Le Mastère "énergies marines renouvelables" en détail



BREST - (France- U.E.) - 16/03/2010- 3B Conseils - Cet article me fournit l'opportunité de répondre à une question souvent posée par les lecteurs de ce blog concernant les formations possibles aux métiers des énergies de la mer. Jusqu'à aujourd'hui force était de reconnaître qu'il n'en existait pas vraiment en dehors des filières habituelles de formations d'ingénieurs que tous connaissent. Cela devrait changer radicalement à la rentrée prochaine, car dès le mois de septembre 2010, l'Ensieta proposera, en collaboration avec Télécom Bretagne et l'Ecole Navale, un nouveau mastère spécialisé intitulé "Energies marines renouvelables". L'intitulé est clair et les inscriptions sont d'ores et déjà ouvertes. Le dossier de ces trois établissements, qui font partie du Pôle Mer Bretagne, a été accrédité le 10 février 2010 par la commission de la CGE (Conférence des Grandes Ecoles). «L'idée a germé au sein du Pôle Mer Bretagne puis le programme de formation a ensuite été construit avec l'UBO / IUEM, l'UBO / IUT, l'ENIB (Ecole Nationale d'Ingénieurs de Brest), l'Ifremer et le CETMEF (Centre d'Etudes Maritime et Fluviales du MEEDDM). Ce dossier bénéficie en outre du soutien d'industriels, dont le constructeur d'éolien offshore Blue H, Bureau Veritas, l'expert en constructions navales DCNS, l'opérateur énergétique EDF, le constructeur d'éoliennes offshore Nass & Wind, Sofresid, le constructeur naval européen STX et plus largement de l'ensemble des membres du Pôle Mer Bretagne », expliquent les partenaires dans un entretien accordé récemment à Mer et marine.com.
Cette formation va donc constituer le tout premier programme d'enseignement français spécifiquement dédié à l'éolien offshore et à l'éolien flottant, aux hydroliennes et à l'énergie des courants, aux fermes houlomotrices et à l'énergie des vagues, à l'énergie marémotrice et à l'énergie thermique des mers. La perspective étant, pour les établissements d'enseignement supérieur et de recherche réunis au sein du Mastère Spécialisé «Energies Marines Renouvelables» (EMR), de former les ingénieurs qui assureront le développement de cette filière. C'est à Brest que les ingénieurs qui voudront se spécialiser dans cette filière devront se rendre. Le choix de Brest semble avoir été opéré pour des raisons plutôt logiques parmi lesquelles on peut citer en tête la présence du Pôle Mer Bretagne et la présence de la moitié du potentiel français en recherche marine. Cela a été jugé suffisant pour assurer à cette région les atouts nécessaires au développement d'une filière industrielle française exploitant les sources d'énergies d'origine marine. C'est d'ailleurs aussi la raison pour laquelle Brest a été choisi par le gouvernement pour accueillir la plateforme technologique des énergies marines renouvelables, et que DCNS va y implanter son incubateur EMR.

La formation à ce mastère sera organisée en deux semestres. Le premier semestre se déroulera au sein des différents établissements partenaires avec pour objectif de former les chefs de projets et les directeurs de programme qui concevront et développeront la filière des énergies marines renouvelables. Le second semestre ( un projet de fin d'étude), se déroulera en entreprise. Quatre grands volets complémentaires sont couverts par la formation Mastère spécialisé « Energies Marines Renouvelables » :
1. « Connaissance des ressources énergétiques » avec présentation d'un panorama des ressources énergétiques marines exploitables et des méthodes permettant de les quantifier.
2. « Sciences de l'ingénieur et technologie » traitant des éléments d'analyse, de conception et de modélisation des systèmes de production d'énergie regroupés dans trois grands domaines : les systèmes mécaniques d'extraction d'énergie et les problématiques de matériau et de structures en environnement marin ; la chaîne d'énergie électrique et son stockage ; la gestion et la commande de ces systèmes.
3. « Environnement côtier et impact » où seront décrites les principales interactions entre l'environnement et un champ donné d'exploitation de ressources énergétiques marines, aussi bien en terme d'impact environnemental sur les écosystèmes qu'en terme de contraintes sur l'installation, par exemple géologie côtière et géomatique.
4. « Energie marine et société » : dernier volet où l'on s'attache aussi à faire prendre conscience des enjeux liés aux installations d'énergie marine du point de vue de la rentabilité économique, des conflits d'usage et d'acceptabilité sociale, du droit de la mer, des contraintes juridiques et légales.
Ces 4 volets de la formation se répartissent et s'organisent de la façon suivante :

1. « Connaissance des ressources énergétiques »
- Vagues : dynamique et ressources (20h, IFREMER)
- Marées et circulation côtière (20h, IUEM)
- Circulation thermohaline : Energie Thermique des Mers (10h, IUEM)
- Modélisation numérique (20h, IUEM)
- Mesures en milieu côtier (15h, IUEM)
- Météorologie côtière (10h, IUEM)

2. « Sciences de l'ingénieur et technologie »
Conception des systèmes d'extraction d'énergie :
- Eléments de conception hydrodynamique des capteurs d'énergie mécanique (éoliens, hydroliennes, houlomoteurs) (30h, Ecole Navale, Ensieta)
- Eléments de conception et revue des technologies des systèmes d'exploitation d'Energie Thermique des Mers (10h, IFREMER)
- Eléments de conception des systèmes mécaniques (15h, Ensieta, Ecole Navale)
- Matériaux et structures en environnement marin (25h, Ensieta, Ecole Navale)
- Conception d'ouvrages en mer (25h, Ensieta, IFREMER)

Conception, Analyse et Commande de la chaîne d'énergie :
- Transmission de puissance (30h, Ensieta, Ecole Navale)
- Analyse de la chaîne électrique et Commande, Optimisation et Gestion des chaines
d'énergies : (50h, Ecole Navale, IUT Brest, ENIB, Ensieta)
- Systèmes de capteurs et de transmissions, diagnostic et gestion des modes dégradés (30h, Telecom Bretagne, IUT Brest))
3. « Environnement côtier et impacts »
- Dynamique sédimentaire (25h, CETMEF,IUEM)
- Ecologie marine et perturbation des écosystèmes (20h, IUEM)
- Géologie côtière (25h, IUEM)
- Géomatique (25h, IUEM, Ecole Navale)

4. « Energie marine et société »
- Instruments et enjeux juridiques (15h, IUEM)
- Enjeux spatiaux et sociaux (20h, IUEM)
- Aspects économiques (20h, IUEM)

4 volets auxquels viendront s'ajouter deux autres annexes et complémentaires :

Projet (au choix - 10h encadrées)
- Conception de systèmes de production d'énergie
- Etude de cas d'installation-type

Modules de remise à niveau (en fonction du parcours initial des étudiants)
- Technologie mécanique (20h, Ensieta, Ecole Navale)
- Génie électrique (20h, Ecole Navale, IUT Brest, ENIB, Ensieta)
- Mécanique des fluides (20h, IUEM, Ensieta, Ecole Navale)

Article : Francis ROUSSEAU

Docs : Sites liés. Photo : bandeau du site internet de L'Ensieta

E.T.M. en Polynésie : grand retour signé pour 2015




PAPEETE - (Polynésie Française - France) - 15/03/2010- 3B Conseils - Selon le journal Tahiti Presse du 9 mars 2010 l'étude de faisabilité d'une centrale thermique des mers en Polynésie Française, dont le protocole d'accord Etat/Pays/partenaires privés a été signé début février (cf. notre article ICI) est désormais sur les rails. Théoriquement si l'on en croit les protagonistes, et bien que (hélas!) l'expérience ait prouvé qu'il faille être très prudent avec les annonces de projet d'E.T.M. en Polynésie Française, il serait possible d'ici un an de chiffrer la réalisation de ce projet ambitieux.
Le projet placerait dès lors la Polynésie Française non pas comme "le fer de lance mondial" de cette technologie, comme l'annonce avec un peu trop d'enthousiasme la presse polynésienne, mais en bonne place dans cette course mondiale assurant à la France, si l'on compte l'expérimentation similaire menée à l'Ile de La Réunion (rechercher nos divers articles sur ce sujet), le leadership mondial (ou la chefferie comme disent les québécois !) dans le domaine de l'exploitation de l'Energie Thermique des Mers. Pour le coup donc la France reprendrait la main sur cette technologie qu'elle a inventée voici... 80 ans (et oui le temps passe même pour les technologies !). Je rappelle en effet une fois de plus au lecteur de ce blog que le principe inventé par le français Georges Claude dans les années 1930 a été étudié depuis plusieurs décennies, que plusieurs expérimentations ont été menées depuis les années 70, en Inde, au Japon et à Hawaï et qu'un projet de centrale de 5 MW a même été développé en Polynésie Française par l'IFREMER/CNEXO, au début des années 1980 pour être soudainement abandonné (d'où ma prudence dans l'annonce!).
Les années 2010 sonnent donc le retour officiel et spectaculaire de l'E.T.M. en Polynésie Française !!!! Alléluia ! Je rappelle à toutes fins utiles que l'Energie Thermique des Mers (E.T.M. en français / OTEC en anglais) est un système qui utilise la différence de température qui existe naturellement entre les eaux de surface des mers de la ceinture tropicale (22 à 28 degrés) et les eaux des profondeurs (4 à 6 degrés) pour produire de l'énergie électrique. Le projet de cette seconde première centrale industrielle d'Energie Thermique des Mers en Polynésie (si je peux dire) a donc été présenté en grande pompe (!) à la presse le mardi 9 mars 2010 à la résidence du haut-commissariat. "Un tel projet est important pour l'image de la Polynésie Française", a précisé Eric Berthon, secrétaire général adjoint du haut-commissariat, en rappelant que "c'est une entreprise polynésienne qui en est le maître d'ouvrage, avec des partenaires privés puissants et le soutien des pouvoirs publics". En effet il a été clairement annoncé que l'application industrielle de cette technologie nécessitait une maîtrise technologique qui ne pouvait aboutir qu'en conjuguant les compétences et les expériences. Ce dernier projet est donc présenté par un consortium composé de la société polynésienne Pacific OTEC, du centre de R&D japonais Xenesys et de DCNS (partenaire de ce blog et acteur européen de tout premier plan sur le marché mondial des systèmes navals de défense). Le premier partenaire revendique la maîtrise de la conversion thermique de l'eau; DCNS avance ses compétences au niveau de l'intégration du système d'ancrage de la plate-forme off-shore où seront installées les unités de production énergétique. La solidité financière de DCNS (3 milliards d'euros de chiffres d'affaires) a beaucoup compté pour emporter l'engagement de la France (50%) et de la Polynésie Française (20%) dans le financement de l'étude de faisabilité d'environ 1 million d'euros, officiellement lancée en février.
L'étude de faisabilité devrait donc se poursuivre durant une année. Elle devra déterminer la puissance de production électrique (entre 5 et 10 MW) de la future centrale flottante, son lieu d'installation (entre 5 et 10 km des côtes de Tahiti), au-dessus de fonds de 1300 mètres de profondeur. Elle permettra également de chiffrer le coût d'intégration de ce système à l'intérieur de l'architecture navale d'une plateforme semi-immergée dont la structure principale d'un diamètre de 50 m sera stabilisée à une profondeur de 25 m sous la surface de l'eau. Un calendrier précis de réalisation devra être élaboré qui prévoit que dans l'état actuel des réflexions, cette structure pourrait être opérationnelle d'ici cinq ans. Elle pourrait fournir l'équivalent de 10% de la production électrique de Tahiti.
Si cela n'est pas suffisant pour parler d'indépendance énergétique de la Polynésie, c'est au moins un premier pas vers cette indépendance. Il ne faut pas douter, ces 10% alliés à d'autres sources de production électrique renouvelables marines (houle, courant, vent) ou autres (solaire...) pourraient finir par assurer en Polynésie comme dans d'autres territoires insulaires de la planète une véritable indépendance énergétique. Les régions intertropicales sont en effet particulièrement adaptées à la technologie E.T.M. et plus de 100 pays, dont 17 zones "francophiles", auront intérêt à s'équiper d'un tel système, d'ici 2030.
Par ailleurs, dans une seconde étape de développement du projet, une plate-forme off-shore E.T.M. peut aussi abriter de nombreuses possibilités de valorisation des eaux profondes : le SWAC pour l'air conditionné à l'eau de mer froide, mais aussi une unité de production d'hydrogène, une autre d'extraction de métaux rares ou de lithium. On peut enfin y développer des produits intéressants autour de l'aquaculture, la thalassothérapie, la cosmétologie et l'agroalimentaire... "Le plus dur, c'est le prototype", a expliqué Patrick Moux, de Pacific OTEC, qui ambitionne l'objectif d'être le premier exploitant de centrale E.T.M. au monde.

Article : Francis ROUSSEAU

Docs. Sites lés. Photo © Pacific OTEC

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