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EXXONMOBIL et SYNTHETIC GENOMICS commencent leurs tests d'algo carburant



LA JOLLA - (Californie - Etats-Unis) - 26/07/2010 - 3B Conseils - Une certaine agitation règne aux Etats-Unis sur le front des algo carburants depuis que le géant pétrolier ExxonMobil (qui possède donc Esso et Mobil) et le gourou Craig Venter ont fait savoir (ICI) que leur projet d'algo carburant avait franchi un nouveau pas décisif vers sa réalisation commerciale. Je rappelle que l'an dernier, au terme d'un accord passé avec la firme créée par Graig Venter, Synthetic Genomics, Exxon avait injecté 600 millions de dollars dans le démarrage d'une activité de R&D algo carburant dans cette compagnie, qui se proposait d'utiliser le génie génétique pour développer des souches d'algues capables de produire plus efficacement du carburant que celles actuellement testées un peu partout sur la planète. La semaine dernière, les deux partenaires viennent donc officiellement d'ouvrir leur premier site d'essai de production d'algues dans le QG même de Synthetic Genomics, à La Jolla, en Californie.
Cette installation de type culture algale sous serre (cf. photo) est la première étape vers la détermination du fait de savoir si l'algo carburant breveté Synthetic Genomics sera capable de franchir le stade du laboratoire et être produit à une plus grande échelle... ou non. La prochaine étape consistera en une installation de type bassin en plein air que les partenaires se proposent de construire d'ici 2011. On peut effectivement parler de "pas décisif" comme le font Exxon et Synthetic Genomics ... mais on peut surtout parler, encore une fois, d'effet d'annonce. Et force est de constater que Synthetic Genomics est passé maître dans cette forme d'art, moderne entre toutes ! Les médias américains ne sont d'ailleurs pas dupes ; ils ont annoncé l'événement tout en signalant que les deux partenaires en faisaient sans doute un peu trop. Ce à quoi Exxon et Synthetic Genomics ont répondu qu'il valait mieux toujours faire savoir que de laisser une telle nouvelle passée inaperçue. C'est imparable ! Et même moi, pourtant très imperméable aux effets d'annonces, je suis obligé de souscrire ! C'est très fort !
En réalité, il s'est passé chez Synthetic Genomics pas mal de choses depuis la signature de l'accord de l'an dernier, en dehors du fait bien entendu que Graig Venter soit devenu officiellement Dieu, puisqu'en mai 2010 il a réussi à créer la première cellule de synthèse bactérienne - en d'autres termes, la première forme de vie artificielle (j'y reviendrai). Au cours de l'année écoulée donc, pour le sujet des algo carburants qui nous occupe, Synthetic Genomics dit d'une part avoir identifié et isolé un grand nombre de souches d'algues candidates à la production éventuelle de carburant, d'autre part rechercher les meilleures conditions dans lesquelles il sera possible de mettre en culture ces souches dans des bioréacteurs, en gardant présent à l'esprit les impératifs à respecter en termes d'émissions de CO2, d'utilisation des sols et de consommation d'eau. Enfin, fort de sa percée sans précédent dans le monde de la vie artificielle, Synthetic Genomics entend privilégier la mise au point des formes de vie synthétique capables d'apporter de nouvelles sources énergétiques, des organismes spécifiquement développés pour exécuter certaines tâches (comme la transformation de sucre en éthanol par exemple) ce qui aboutirait à un processus très efficace de production de carburant. C'est la théorie avancée par le magazine Earth2tech sachant que les organismes de synthèse, au contraire des organismes naturels, sont créés pour ne remplir qu'une fonction à la fois. La production d'algo carburant à partir d'algues génétiquement modifiées (osons le mot !) reste encore cependant un véritable défi... même pour Graig Venter. Le fait nouveau c'est qu'une compagnie pétrolière de la taille d'ExxonMobil s'implique durablement dans le processus de production avec, sans doute, pour ambition de générer des milliards de litres de carburants d'ici à 2050. C'est tout l'enjeu. Et il ne fait plus de doute aujourd'hui que ce sont les grands pétroliers qui détiennent la solution financière de ce problème. Le Department of Energy américain mise lui aussi sur le fantastique pouvoir des algues à produire des carburants. Selon les chiffres cités par ExxonMobil, les algues pourraient produire plus de 2 000 gallons de carburants par acre et par année de production (7 580 litres), contre 2 463 litres par acre et par an pour la palme, 1 705 litres par acre et par an pour le sucre de canne, 947 litres par acre et par an pour le maïs et 190 litres par acre et par an pour le soja.
Un dossier très complet publié l'an dernier par EURACTIV posait même clairement la question de l'avenir exclusif des biocarburants algaux en Europe. C'était une première pour un secteur qui était regardé jusque-là avec scepticisme par les Européens. Raffaello Garofalo, directeur exécutif de l’EABA, Association européenne de la biomasse algaire (tiens on ne dit plus algal ?), affirmait alors les nombreux bénéfices potentiels de l’utilisation des algues dans la production de biocarburants, en particulier le fait qu'elle ne faisait pas concurrence à l'agriculture traditionnelle et n'utilisait pas des terres utilisables pour les cultures alimentaires. Il mettait néanmoins en garde contre un enthousiasme exagéré pour cette technologie, rappelant qu’il restait de nombreux obstacles avant qu’elle puisse être développée à une échelle commerciale. "Il serait irresponsable de vous donner des dates", confiait-il lors de son entretien avec EurActiv. "Nous voulons éviter une «bulle Internet» où les gens spéculeront sur les quantités et prix des microalgues dans le futur. Il y a un investissement considérable dans cette recherche animée par la conviction que des économies d’échelle et l’amélioration des rendements et des productions sont possibles. C’est une question de temps" concluait-il.
En tout cas les grandes compagnies américaines ExxonMobil, Shell, Valero, Honeywell et Boeing sont déjà sérieusement sur la brèche et ne reculent pas devant les investissements à faire dans le domaine.

Article : Francis ROUSSEAU


Docs Sites liés. Photos © Synthetics Genomics.


A LIRE AUSSI SUR LE SUJET :
- Le pétrolier VALERO se tourne vers ALGENOL (14 mai 2010)
- SOLIX, ALGENOL, CATILIN, SYNTHETIC GENOMICS... ils veulent tous produire du diesel algal dans l'année (28 juillet 2009)

L'éolien offshore européen en pleine expansion et l'éolien offshore français en plein désappointement



BRUXELLES - (Belgique - Union Européenne) - 23/07/2010 - 3B Conseils - Par Francis Rousseau - Selon un communiqué publié ICI par l' European Wind Energy Association EWEA (Association Européenne de l'Energie Eolienne), qui est la voix officielle de l'industrie éolienne en Europe avec plus de 650 membres issus de 60 pays, 118 nouvelles éoliennes offshore posées ont été connectées au réseau électrique au premier semestre 2010. Ces 118 éoliennes d'une capacité installée de 333 MW représentent plus de la moitié des 577 MW offshore installés l'année dernière. De surcroît, 151 autres éoliennes posées (440 MW) et flottantes ont été installées mais n'ont pas encore été connectées au réseau. En tout, 16 parcs éoliens offshore sont actuellement en construction. Parmi ceux-ci, 4 sont devenus entièrement opérationnels : Poseidon au Danemark qui a la particularité de combiner éolien flottant (avec 3 turbines expérimentales) et énergie des vagues, Alpha Ventus en Allemagne, et au Royaume-Uni Gunfleet Sands porté par Dong et Robin Rigg porté par E.on.
En Europe, à ce jour, il existe 948 éoliennes offshore posées et flottantes réparties sur 43 parcs éoliens offshore totalement opérationnels, totalisant une capacité de 2 396 MW au 30 juin 2010. Une fois les 16 projets éoliens offshore achevés, la capacité atteindra 3 972 MW. Parmi les développeurs, E.ON Climate & Renewables a développé 64 % de la capacité du réseau offshore posé connecté durant le premier semestre 2010, suivi par Dong (21 %) et Vattenfall (11 %) (cf. schéma de l'EWEA). Parmi les fabricants, Siemens Wind Power est à l'origine de 55 % de la capacité offshore en réseau connectée au premier semestre 2010, Vestas 36 % et REpower 9 %. Quant à l'éolien offshore flottant, avec les 0,033 MW comptabilisés par l'EWEA, il ne représente pas pour l'instant un pourcentage significatif lui permettant de dépasser les 0%. Selon Justin Wilkes, directeur de la politique à l'EWEA : " Malgré la crise financière, l'éolien offshore continue d'être un secteur à croissance rapide. Le nombre d'éoliennes offshore connectées au réseau s'établit, au premier semestre, bien au-delà de la moitié de la capacité totale installée l'année dernière et je suis certain que nous allons battre des records cette année. Cependant, il ne fait aucun doute que cette industrie émergente est bridée par un manque de financement. Les projets menés par des exploitants de réseaux nationaux sont moins affectés grâce à leur capacité à financer des investissements à partir de leur bilan mais les contraintes sont plus sévères pour les développeurs indépendants. Des prêts des institutions publiques, comme la Banque européenne d'investissement, sont essentiels et ont déjà aidé un certain nombre de projets, et ce soutien doit se poursuivre plus avant. L'Europe est un leader mondial en matière d'éoliennes offshore et de croissance continue et la disponibilité des financements est essentielle pour les emplois européens et la compétitivité aussi bien que pour réduire les émissions de CO2."
Dans ce contexte, et malgré l'enthousiasme de l'EWEA, le magazine en ligne MeretMarine.com se faisait le 9 juillet dernier ICI le relais de l'inquiétude grandissante de la filière industrielle bretonne, première concernée par le développement de l'éolien offshore français. Je rappelle que la France de son côté, qui n'a pour l'instant aucun mégawatt éolien installé offshore, a toujours pour objectif d'installer la bagatelle de 6 000 MW offshore posé et/ou flottant d'ici 2020 c'est-à-dire d'ici moins de 10 ans. Or, lors de la réunion de la Conférence Régionale de la Mer et du Littoral, qui s'est tenue fin juin dans les locaux de la Préfecture maritime de l'Atlantique à Rennes, la planification de l'éolien posé en région Bretagne aurait été remise en question. Jacques Dubost, président de Bretagne Pôle Naval (pôle d'ingénierie, de construction et de réparations navales situé en Région Bretagne) s'est inquiété du décalage dans la réalisation des projets et a expliqué que les craintes portaient essentiellement sur l'éolien offshore " posé " (les éoliennes sur fondation) que " certains voudraient voir limité pour privilégier l'éolien offshore flottant, technologie pourtant pas encore considérée comme mature ". Étonnante déclaration si l'on se souvient que la solution de l'éolien flottant est préconisée et envisagée pour pallier une caractéristique géologique du plateau continental quand celui-ci plonge très vite à peu de distance des côtes à des profondeurs qui interdisent la pose de la plupart des éoliennes sur fondations. Bien que n'étant pas géologue, je crois savoir que c'est précisément le cas d'une grande partie du plateau continental français au large de la Bretagne ! D'un autre côté, le magazine Le Marin dans sa dernière édition en kiosque (n° 3288 semaine du 16/07 au 23/07) titre en une " Les pêcheurs veulent éloigner les éoliennes des côtes ". Bon d'accord ! Mais il faut tout de même savoir que plus on éloignera les éoliennes des côtes, plus elles auront de chance d'être flottantes et non posées, étant donné la particularité du plateau continental atlantique français ! Donc dilemme insoluble... même dans l'eau salée ?! A voir...(mais vite !)
Selon Bretagne Pôle Naval (BPN), les grands industriels du secteur considèreraient quant à eux que " ce sont les investissements dans l'offshore (sous entendu " posé "), qui financeront les recherches permettant d'aboutir à l'émergence des éoliennes flottantes mais aussi des hydroliennes ou encore des fermes houlomotrices ". La bonne nouvelle est que, toujours selon BPN, qui regroupe 70 sociétés de Lorient, Concarneau, Brest et Saint-Malo, de " nombreuses entreprises de la Région auraient déjà intégré ce développement dans leur stratégie et qu'un décalage ou une remise en cause leur serait préjudiciable. " BPN souhaite donc que " la planification retenue génère le plus tôt possible une activité industrielle dans les espaces portuaires de la région ". Pour peu que l'on ait planifié de fabriquer les infrastructures d'éoliennes flottantes dans d'autres ports que ceux de la Région Bretagne (non non je ne citerai aucune région !), on pourrait commencer à mieux comprendre l'objet du désappointement.
Mais après-tout l'essentiel, comme on dit à l'EWEA, c'est de mettre des éoliennes en mer, non ? ! Alors ?...


Docs : Sites liés. Photos 1 Alpha Ventus © EWEA 2. Capacité éolienne Offshore connectée au réseau au 30 juin 2010 © EWEA. 3 Parc éolien offshore © WPD France


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EVOPOD 35 : une hydrolienne flottante pour l'Ecosse


TYNE & WEAR - (Ecosse - Royaume-Uni - U.E.) - 22/07/2010- 3B Conseils-
La turbine hydrolienne Evopod, developpée par Oceanflow, est un dispositif innovant utilisant un brevet protégé à la fois pour une plate-forme flottante semi immergée supportant une unique turbine à axe horizontal et un système d'amarrage. Oceanflow estime qu'Evopod constitue une solution particulièrement économique pour capter l'énergie des courants marins en particulier dans l'environnement spécifique des eaux profondes qui bordent les côtes Écossaises, tout en restant semi immergée. L'objectif d'Oceanflow est de développer une version bi-turbine de sa plate-forme Evopod semi immergée spécifiquement conçue pour cet environnement. Avec EVOPOD 35, aussi nommée OCEANFLOW 35, il s'agit donc en quelque sorte du premier modèle d'hydrolienne flottante capable de s'adapter sur mesure à la configuration de l'environnement où elle doit entrer en fonction. Le système d'amarrage particulier de l'EVOPOD 35 devrait permettre une installation et surtout un entretien plus aisés et, selon le constructeur, peu coûteux y compris en eaux profondes. Seulement voilà si Evopod 35 est la première hydrolienne à flotter elle n'est pas la première à promettre " profondeurs et merveilles ", si on peut dire ! Il va falloir que celle-ci fasse sérieusement les preuves de ce qu'elle avance ; elle a d'ailleurs déjà commencé mais pas de façon assez convaincante selon certains investisseurs particulièrement exigeants.
Un modèle à l'échelle 1/40e a été testé en bassin d'essais à l'Université de Newcastle, grâce à l'aide d'une subvention du NEEIC. À l'échelle réelle, cette unité serait équipée d'un des deux générateurs jumeaux de 1,2 MW, chacun étant couplé à une hydrolienne tripale de 16 mètres. Par des vitesses de courants de 3,2 m/s, l'unité pourrait générer, selon le constructeur, en combinant sa production nominale, 2,4 MW ce qui en ferait une des hydroliennes parmi les plus puissantes du marché. Puissance qui pourrait éventuellement se trouver encore augmenter, dans un futur stade de recherche, par l'ajout d'une turbine éolienne au dessus de la structure flottante. Mais pour en revenir à l'hydrolienne flottane seule, la naissance du premier prototype remonte à 2005, date à laquelle il a été imaginé à l'Université de Newcastle et c'est en 2007 que le constructeur a reçu une première subvention de One NorthEast, agence de développement régional pour le Nord-Est de l'Angleterre, pour mener les premiers essais d'un Evopod et de son système d'amarrage à l'échelle 1/10e dans les conditions réelles du courant sur le site de Strangford Narrows. Les tests ont commencé en juin 2008 et se sont poursuivis au début 2009. En 2010, l'installation s'est prolongée pour permettre au dispositif d'être connecté au réseau du laboratoire maritime et une récente nouvelle subvention du gouvernement écossais lui a été accordée (cf. article d'hier). Le double objectif de l'opération est de démontrer la viabilité de projets d'envergure communautaire et de vérifier la possibilité de mise à l'échelle réelle de dispositifs flottants pouvant produire un nombre significatif de mégawatts dans des environnements difficiles comme celui de Pentland Firth ou d'autres sites similaires. Si les tests réussissent, EVOPOD fournira l'opportunité du premier déploiement commercial d'une hydrolienne flottante et pourra poursuivre un programme quinquennal de recherche à Strangford Narrows, en Irlande du Nord. Le fondateur de la société, Graeme Mackie, n'en est pas à son coup d'essai, il a déjà mené avec succès des développements technologiques dans les domaines de la production pétrolière, gazière et dans le domaine de l'énergie des vagues avant de se concentrer sur la technologie des hydroliennes flottantes. C'est une équipe technique extrêmement expérimentée, aidée des compétences de Scottish Enterprise qui a veillé à la mise au point des prototypes.
Dans un pays qui adore remettre des récompenses à ses inventeurs, Oceanflow a remporté de nombreux prix précisément pour cette turbine flottante et notamment le prix " Spirit of Innovation " en 2006, le Prix de l'Environnement de One North East en 2009 et le Shell "Springboard Award" pour l'Ecosse et le nord de l'Angleterre en 2009.

Article : Francis ROUSSEAU

Docs . Sites liés. Photos EVOPOD 35 © Ocean Flow


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Aquamarine, OpenHydro, RWE npower, AWS Ocean Energy et Ocean Flow Energy reçoivent 15 millions d'euros



EDIMBOURG - (Ecosse - Royaume-Uni- U.E.) - 21/07/2010 - 3B Conseils - Selon News Scotman.com, cinq projets d'énergie des vagues ont reçu 13 millions de livres sterling (15 millions d'euros) du Gouvernement écossais décidé plus que jamais à stimuler sa future industrie d'énergies marines renouvelables. Je rappelle que l'Ecosse, selon la formule célèbre de son Premier ministre, a pour ambition de devenir "l'Arabie Saoudite des énergies marines renouvelables". Parmi les heureux bénéficiaires de cette manne gouvernementale il y aurait un projet d'installation de 10 absorbeurs d'énergie des vagues au large des Western Isles, et le développement du dispositif Oyster aux Isles Orcades par la société Aquamarine Power dont le siège social est à Edimbourg. Les subventions ont été accordées par le fond du gouvernement écossais nommé de façon fort approprié WATERS (Wave and Tidal Energy : Research, Development and Demonstration Support). Ce fond a été mis en place pour développer les technologies énergétiques émergentes et améliorer en particulier le fonctionnement des dispositifs d'énergies renouvelables marines. Le Syndicat des Energies renouvelables d'Ecosse se félicite de cet apport financier mais fait remarquer néanmoins qu'il s'agit d'une "goutte dans l'océan" par rapport à ce qui serait nécessaire à terme pour développer le secteur émergent des énergies marines. Les 13 millions de livres sterling ont été répartis comme suit :
- 6 millions pour RWE npower, basé à Swindon (Wiltshire) pour développer la construction de son projet Siadar au large des Western Isles dont l'ambition est de produire 4MW, ce qui en ferait la plus grande ferme houlomotrice en fonctionnement actuellement dans le monde.
- 3,15 millions pour Aquamarine Wave Power et le développement de son OSYTER 3 (3ème génération) à l'European Marine Energy Centre, au large des Orcades, alors que le prototype OYSTER 2 vient juste de recevoir la certification de Det Norsk Veritas (DNV)
- 1,85 million pour l'entreprise irlandaise OpenHydro non pour sa turbine d'énergie des courants déjà bien connue mais pour l'aider à développer un nouveau système de connexion des appareils captant l'énergie marine.
- 1,39 million accordé à AWS Ocean Energy, une entreprise d'Inverness déjà bien connue pour mener à bien ses tests à la fois dans le Loch Ness et à Cromarty Firth.
- 560.000 livres pour Ocean Flow Energy, basée à Tyne and Wear, pour construire son "Evopod" un système particulier de récupération d'énergie des courants, sur lequel je reviendrai en détail dès demain, qui permettra de relier une turbine d'énergie des courants au réseau de Sanda Sound.
(Retrouvez tous mes articles sur ces projets dans la rubrique "A lire aussi sur le sujet" )
Au cours d'une récente visite au dispositif AWS Ocean Energy testé dans le Loch Ness, le ministre écossais de l'énergie, Jim Mather, a déclaré que les mers d'Ecosse avaient un potentiel incomparable pour générer de l'énergie verte et attirer les investissements. "Nous disposons, a-t-il précisé à propos du financement de 13 millions de livres, d'un quart des ressources énergétiques potentielles des courants marins et du dixième des énergies des vagues de toute l'Europe. Ce financement du gouvernement écossais est une nouvelle étape sur la route qui va permettre à l'Ecosse de maximiser ses ressources pour un avenir durable. Les investissements dans le domaine des énergies marines sont élevés et des capitaux sont nécessaires. Nous souhaitons que ces subventions contribuent à attirer davantage d'investisseurs privés."
Niall Stuart, directeur général de Scottish Renewables, a insisté à nouveau sur le fait qu'il s'agissait là "d'un investissement minime par rapport à ce qui serait nécessaire sur le long terme pour développer une industrie des énergies marines viables".
Johanna Yates, directrice des énergies hydrauliques et renouvelables marines au sein de Scottish Renewables, a conclu : "L'Ecosse est le leader mondial dans ce domaine, avec une planification de plus de 1,2 gigawatts d'ici à 2020, mais nous ne pourrons atteindre nos ambitions uniquement si nous pouvons garantir les niveaux d'investissement requis."

Article : Francis ROUSSEAU

Docs : Sites liés. Photo : Installation de la turbine OpenHydro à l'EMEC © OpenHydro

A LIRE AUSSI SUR LE SUJET :
- Zoom sur OpenHydro ( jeudi 20 octobre 2008)
- OYSTER 2 : de la seconde génération à la centrale houlomotrice (27 mai 2010)
- AWS OCEAN ENERGY veut concurrencer l'éolien en mer (24 juin 2010)
- Inauguration du prototype WaveGen (11 Aout 2008)
- Commission Européenne : la feuille de route des EMR pour la période 2010-2050 (14 juin 2010)

Bureau of Ocean Energy, BSEE et ONRR : trois nouvelles entités administratives américaines



WASHINGTON D.C. - (Etats Unis) - 20/07/2010- 3B Conseils - La catastrophe du Golfe du Mexique a eu pour effet de faire littéralement imploser une administration américaine particulièrement hostile aux énergies marines renouvelables, j'ai nommé le MMS (Minerals Management Service) jusqu'alors tout puissant dans la délivrance de permis d'implantation des plates-formes offshore et dont on se souvient peut-être des oppositions constantes avec le DOE (cf. mes articles plus bas dans la rubrique "A lire aussi sur le sujet").

 

La collusion avérée de ce service avec l'industrie pétrolière et les nombreux cas de corruption qui ont été révélés, malgré une première réforme dès janvier 2009, auront donc finalement abouti à son éclatement implicite en trois parties distinctes dont une qui nous intéresse particulièrement le Bureau of Ocean Energy (BOE) créé le 21 juin 2010. A peine âgé d'un mois, ce nouveau service aurait, selon la revue en ligne Scientific American, considérablement accéléré des projets d'énergie marines renouvelables jusqu'alors en sommeil depuis des années, comme le parc éolien offshore de 700 MW au large de Long Island et plusieurs autres projets (y compris des projets d'exploitation d'énergie des vagues désormais sous son autorité). Sur la demande expresse de l'administration Obama, le nouveau Bureau of Ocean Energy (BOE) est prié de mettre davantage l'accent sur les énergies renouvelables que sur les énergies fossiles à l'inverse de ce qu'avait fait le MMS. Contrairement au MMS aussi, et de façon à prévenir toute tentative de corruption, le BOE ne pourra pas accorder directement de permis, ni percevoir de redevances. La délivrance des permis et la perception des recettes seront désormais traitées par deux entités distinctes de façon à scinder les responsabilités et à éviter les "tentations".

 

C'est donc désormais le Bureau of Safety and Environmental Enforcement (BSEE), que l'on peut traduire par "Bureau pour la sécurité et l'application des lois environnementales", qui accordera (ou refusera) les permis après consultation d'expertises environnementales. Et c'est un organisme nouvellement formé Office of Natural Resource Revenue (ONRR), que l'on peut traduire par "Office des revenus tirés des ressources naturelles", qui aura exclusivement en charge de recueillir les redevances et de percevoir les loyers des emplacements concédés sur le plateau continental américain.
Le nouveau Bureau of Ocean Energy devrait donc appliquer une politique beaucoup plus efficace (voire même agressive) de développement des ressources renouvelables en mer dans le droit fil de l'initiative déjà prise par le Secrétaire à l'Intérieur Ken Salazar qui avait formé un "Consortium éolien de l'Atlantique" avec les gouverneurs de huit États de la façade Atlantique de façon à accélérer le développement des énergies renouvelables offshore et à faire approuver le projet Cape Wind ridiculement embourbé (entre autres) dans les arguties du MMS depuis plus d'une décennie.


Le premier dossier que le BOE aura à traiter sera donc celui du parc éolien offshore de 700 MW qui, à peine visible de la terre, sera situé à 14 miles (22 kilomètres) au large des côtes de Long Island et pour lequel un nouveau consortium a été formé réunissant New York utility Con Edison, la LIPA (Long Island Power Authority) et la NYPA (New York Public Authority) en vue de déposer une nouvelle demande d'études de faisabilité. Gageons que cette fois-ci, au contraire de la première tentative menée en 2003, elle aboutira !

 


Le droit au bail pour le projet de Long Island s'élève à 16.000 dollars et concerne une durée de 25 ans ; le loyer annuel est fixé à 200.000 $ que seul l'ONRR est habilité désormais à percevoir. Le Secrétariat à l'Intérieur américain précise que l'ONRR ne recueillera pas un sou avant que la BSEE n'approuve le permis. Une attention particulière sera constamment apportée à ce qu'il n'y ait aucune collusion entre ONRR et BSEE. D'autre part, Ken Salazar a tenu à faire savoir que ces nouvelles normes et ces nouveaux modes de fonctionnement devant éviter la corruption ne concernaient plus seulement le domaine maritime mais seraient aussi désormais applicables sur la terre ferme via le Bureau of Land Management, chargé d'administrer la location des terres pour l'exploitation de l'énergie solaire.

Article : Francis ROUSSEAU

Docs : Sites liés. Photos : Simulations des impacts visuels du parc éolien offshore de Long Island entre 3 et 15 miles de la côte © David Tobias-Project evaluation

A LIRE AUSSI SUR LE SUJET :
- LE D.O.E américain et l'élaboration d'un plan pour les énergies marines : suite et... fin ? (3 mars 2009)
- L'administration Obama est-elle ambiguë vis-à-vis des énergies marines ? (24juin 2009)
- Un pavé de 462 pages réglemente l'offshore (16 juillet 2008)
- Exploitation du plateau continental américain (28 juillet 2008)


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