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THORNTONBANK Phase II : SDI/DEME prépare la pose des premières 6MW


OSTENDE - (Belgique) - 27/06/2011 - 3B Conseils -
Par Francis Rousseau
L’installation des fondations de la phase II du parc C Power et SDI/DEME sur le Thorntonbank puis des premières éoliennes REpower 6M de 6,15 MW est une première mondiale qui a lieu en ce moment même à 30 km au large d'Ostende. Ce projet, qui est le plus grand actuellement en construction en Belgique, aura nécessité, lorsqu'il sera achevé en 2013, un investissement de €1,3 milliards pour 54 turbines posées sur fondations de type Jacket, fixées entre 15 et 30 mètres de fond. Ce chantier gigantesque qui aura employé jusqu'à 1000 personnes est une grande aventure qui est menée en 3 phases étalées de 2007 à 2013.

La Phase I, commencée en 2007 (cf. la fin de l'article du 18/12/2007) en collaboration avec EDF Energies nouvelles, a abouti à la mise en production, en 2009, de 6 éoliennes REpower 5M d’une puissance installée de 5,15 MW. Elles sont actuellement en production et l'on peut les voir fonctionner en téléchargeant au bas de cette page la vidéo (movie Thorntonbank) de la pose d'une équipe sur la nacelle.


Pour la Phase II, lancée en 2010 (cf. l'article du 2/12/2010) ainsi que pour les phases suivantes, C Power a choisi de travailler avec une nouvelle génération plus puissante d’éoliennes en l'occurrence la REpower 6M présentée par le constructeur comme "la turbine actuellement la plus puissante du monde". Cette capacité permet de réduire le nombre d'éoliennes présentes sur le parc de 60, prévues au départ, à 54, tout en augmentant la capacité totale installée qui passera des 300 MW initialement prévus en 2007 à 325 MW. Pour mener à bien cette phase II qui constitue, je le répète, une véritable première mondiale, 24 fondations Jacket vont être installées au cours de l’été 2011 par SDI/DEME, leader français des travaux maritimes spécialisés, fort de 10 années d'expérience dans l'éolien offshore européen. L’installation de fondations, aussi innovantes soient-elles (c'est le cas pour celles de la Phase I de Thorntonbank I) s’opère en trois étapes. Le sol marin est tout d’abord dragué et préparé à l’emplacement de chaque fondation. Ensuite quatre longs pieux, dont certains peuvent avoir une longueur de 50 mètres, sont enfoncés dans le sol par DEME. Enfin, la fondation en acier de type « Jacket » de plus de 500 tonnes est soulevée du ponton pour être immergée et déposée dans la partie supérieure des 4 pieux installés (photo ci-contre). Ces 4 points sont alors cimentés pour renforcer le tout. Ceci-dit les fondations d'éoliennes offshore ne sont pas toutes pareilles comme nous le rappelle Jan Vandenbroeck, DG de SDI/DEME : "C'est la grande différence entre l'offshore classique pétrolier ou gazier et l'éolien offshore. En offshore pétrolier, il s'agit d'installer une ou quelques unités tout au plus, alors que dans l'éolien offshore on parle de 50 ou 150 fondations différentes les unes des autres".La longueur des fondations "Jacket" varie de 43,9 à 54 mètres et leur poids de 513 à 575 tonnes. Sur site c'est un bateau du groupe belge DEME, le Rambiz, équipé d’une grue, qui prendra en charge l’installation en mer des fondations (voir photo). L'installation est réalisée par la joint-venture «Seawind», qui constitue un partenariat entre DEME et Fabricom GTI établi spécialement pour le projet du Thorntonbank, ces deux entreprises apportant leurs expertises respectives, en construction maritime et en installation électrique. Il faut savoir aussi qu'au titre du caractère innovant de ces fondations, C Power a reçu une aide de 10 M€ du programme européen EEPR (European Energy Program for Recovery) lancé par la Commission Européenne en 2009. Au tout début de ce mois de juin, C Power a annoncé le transbordement de la première fondation en acier de type « Jacket ». Le transport de chaque fondation depuis le site de production de la société Smulders Projects situé à Hoboken se fera à l’aide d’un ponton remorqué jusqu’au Thorntonbank. Enfin les connections électriques entre les fondations en cours de construction et la fondation du transformateur électrique (OTS) , situé en haute mer seront également établies au cours de cette saison estivale 2011.
Les cables de connection sont fabriqués par ABB


La Phase III qui se déroulera en 2012 et 2013 verra l'installation de 24 autres fondations pour les 24 dernières turbines éoliennes de 6 MW du projet. Ce projet C Power une fois terminé permettra de satisfaire la consommation annuelle de 600.000 habitants et évitera les rejets dans l'atmosphère de 450.000 tonnes/an de C02 (comparaison avec les centrales de gaz les moins polluantes) soit l'absorption de CO2 annuelle d'une zone forestière de 87 668 ha.

Du point de vue de l'impact environnemental du parc, C Power a voulu mandater un réseau d’experts capables de quantifier l’impact du projet sur les aspects environnementaux et humains et sur la navigation avant le début de la construction du parc éolien.
- L'INBO (Instituut voor Natuur- en Bosonderzoek) a été chargé d'obtenir les informations les plus détaillées possible sur la présence sur le Thorntonbank de deux groupes d'animaux précis : les oiseaux de mer et les mammifères marins.
Le but est d'évaluer l'éventuelle influence du parc éolien sur ces deux groupes pendant et après la construction du parc.
- Onderzoek & Advies, bureau d'enquêtes et de conseils multidisciplinaires certifié ISO 9001, a mené une étude sur l'impact d'un parc éolien farshore comme Thorntonbank sur le paysage auprès de deux groupes cibles :
- un groupe de touristes d'un jour, de personnes séjournant à la côte et d'autres utilisateurs récréatifs de la mer.
- un groupe d'habitants et d'exploitants / commerçants des communes côtières.
- LE CLO (Centrum voor Landbouwkundig Onderzoek) mène une étude fondée sur l'importance du Thorntonbank pour la pêche hauturière, les parcs éoliens offshore exerçant une influence sur ce type de pêche en diminuant la superficie totale réservée à la pêche (le gouvernement belge interdit la pêche dans la zone du parc éolien au contraire d'autres gouvernements) mais en permettant la création de nouveaux habitats.
- Germanischer Lloyd Offshore, considéré comme l'expert européen le plus réputé en matière d'analyse des risques maritimes liés aux parcs éoliens offshore et à la sécurité maritime, est chargé d'évaluer le risque de collision de même que le risque d'une éventuelle marée noire consécutive à la collision. Et ceci bien que le parc de Thorntonbank soit situé sur un emplacement éloigné des principales voies navigables.
- Enfin, pour déterminer comment l'existence du parc éolien pourrait être intégrée dans le fonctionnement de la chaîne de radars côtiers et établir d'éventuelles mesures de sécurité supplémentaires, C-Power s'est assuré les services de la KU Leuven, département Electrotechniek (ESAT - Telemic) (Prof. Van Lil) qui a déjà mené bon nombre d'études de ce genre.

Dernière étape enfin extrêmement importante de la vie d'un parc éolien offshore, incluse dès la phase de construction : le démantèlement du parc à la fin de sa durée de vie (en moyenne de 25 à 30 ans). Jan Vandenbroeck, le DG de SDI/DEME, a confirmé au Blog Energies de la mer lors d'un entretien récent, que SDI/DEME se charge non seulement de la construction des fondations mais aussi de leur démantèlement en fin de vie : " Il est toujours prévu que la fondation en béton sera enlevée à la fin de la vie d'un parc. C'est un travail de démantèlement mais aussi de revalorisation des matériaux récupérés en mer. Dans tous les projets offshore que nous avons faits, nous provisionnons la phase de démantèlement des parcs et nous acquérons les technologies nécessaires pour mener à bien ce démantèlement et la revalorisation des matériaux récupérés. Ce métier est différent de celui d'une entreprise de construction habituelle, c'est un nouveau métier, qu'il est devenu indispensable de maîtriser lorsqu'il s'agit d'éolien en mer. Le démantèlement sera opéré par des équipes locales qui ont une connaissance spécifique des lieux. A titre d'essais, nous avons déjà mené ce type d'opération en Belgique en collaboration avec les turbiniers. Pour SDI/DEME il s'agit à peu près du même type d'opérations que celles que nous menons quand un bateau s'échoue sur une plage et qu'il faut en assurer l'enlèvement. Nous le faisons en ce moment même en France, pour une épave au large de l'ile de Ré."

Lorsque la phase III du parc éolien de Thorntonbank sera achevée en 2013, C-Power livrera à lui seul entre 7 et 10% (chiffre site C-Power) de la capacité d’énergie verte requise en Belgique pour atteindre l’objectif de 13% d’énergies renouvelable sen 2020 fixé par l'U.E.

Sources. Sites liés et cités. Photos 1 : Ingénieurs de SDI/DME sur le Thorntonbank ©DME 2 : les 6 éoliennes de 5MW de la phase 1 © C-Power. 3 : Fondation de type "jacket"©DME. 4: Installation de la fondation Jacket ©DME. 5 : Installation de jacket 2 ©DME. 6. Manipulation des pales en mer © C-Power. 7 : Pose des pales sur la turbine © C-Power

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Energies marines : accord historique entre le Royaume-Uni et l'Irlande



LONDRES - (Royaume-Uni) - 24/06/2011 - 3B Conseils -
Par Francis Rousseau -
Le DECC - Department of Energy & Climate Change (Ministère de l'Energie et du Changement climatique britannique) a annoncé le 20 juin 2011 ICI qu'un accord venait d'être signé entre les ministres des gouvernements du Royaume-Uni, d'Irlande, des Channel Islands (îles anglo-normandes) et de l'Ile de Man pour l'exploitation de l'ensemble des ressources d'énergies marines (incluant l'éolien offshore), dans la zone Mer d'Irlande et Manche. Les États signataires se sont engagés à coopérer pour concrétiser le plus vite possible cet accord, baptisé "All Islands Approach to energy". Selon les termes du communiqué du DECC, l'accord vise à permettre aux développeurs d'exploiter les opportunités commerciales de cogénération et de transfert d'électricité entre les pays, à en accroître l'intégration dans les marchés locaux et à améliorer la sécurité des d'approvisionnements.

A l'occasion de la signature de cet accord historique, Charles Hendry, ministre de l'Énergie britannique (qui a rang de ministre d'État), a déclaré : "Il y a un énorme potentiel pour les énergies vertes, propres et sûres qui demeure inexploité aussi bien en Mer d'Irlande que sur la terre irlandaise, de même que dans toutes les zones maritimes qui entourent les îles anglo-normandes. La demande énergétique de l'Irlande étant à peu près la même que celle des comtés du Yorkshire et d'Humberside explique qu'il y ait eu jusqu'alors peu de motivations pour exploiter cette ressource. Optimiser la ressource existante autour de nos îles ne peut qu'apporter un bénéfice à tout le monde. Il paraît beaucoup plus intelligent aujourd'hui de développer et de partager une énergie propre, verte et sûre avec nos voisins plutôt que d'importer massivement de l'énergie fossile de parties du monde éloignées". Le communiqué officiel conclut en expliquant que, dans la pratique, développer les connexions entre l'Irlande et le Royaume-Uni pourrait, par exemple, permettre d'exporter les surplus éoliens du Royaume-Uni vers l'Irlande et les autres pays d'Europe, les jours de grands vents sur le territoire du Royaume-Uni et vice-versa, selon la quantité de ressources disponibles dans tel ou tel pays. Cet accord constitue aussi en filigrane un plaidoyer pour le renforcement des échanges d'énergies renouvelables entre les pays d'Europe du Nord.

Je rappelle que l'Irlande compte 8 projets de parcs éoliens offshore : Codling Wind Park (1000 MW) et Codling Wind Park Extension (1100 MW), Arklow Bank Phase 1 (25 MW) et Arklow Bank Phase 2 (495 MW), Dublin Array (364 MW), Oriel Wind farm (330 MW), Sceirde Rocks (100 MW). Pour l'instant seul Arklow Bank Phase 1 (25MW) développé par GE (7 turbines 3,6MW), Acciona Energy et SSR Renewables /Airtricity fournit de l'électricité au réseau depuis juin 2004. Codling Wind Park qui a obtenu tous les permis en 2005 est toujours en construction. La globalité du projet éolien irlandais prévoit de déployer d'ici 2020 un peu plus de 3400 MW en mer (soit un peu plus de la moitié du projet français).

Sources : Sites liés et cités. Photos éoliennes GE 3,6s sur le site Arklow Bank Phase 1 (Irlande) © GE

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Eolien offshore aux Etats-Unis : une journée cruciale




WASHINGTON - (Etats-Unis) - 23/06/2011 - 3B Conseils -
Par Francis Rousseau
Il n'y a pas de doute : l'onde de choc de la tragique catastrophe de Fukushima et ses répercussions mondiales atteignent lentement mais sûrement les mentalités américaines. Le 14 juin 2011, une série de projets de lois destinées à accroître la production d'énergies renouvelables (une première dans le genre !) et à créer des emplois a été présentée pour être débattue en audience législative au Congrès, aujourd'hui, jeudi 23 juin 2011.

Ces projets de lois ont été présentés et défendus par Doc Hastings, président du Natural Resources Committee (Comité permanent des ressources naturelles), agissant en tant que membre du House Republicans’ American Energy Initiative, par Doug Lamborn, président du Energy and Minerals Subcommittee et par les représentants du parti Républicain Raúl Labrador, Kristi Noem et Rob Wittmans (communiqué ICI). Quatre projets de lois ont été élaborés qui devraient permettre de rationaliser les obstacles bureaucratiques au développement efficace de l'énergie solaire, éolienne, géothermique et des autres technologies d'énergies renouvelables aussi bien sur terre que dans les eaux fédérales.

L'un de ces projets de lois nous intéresse plus particulièrement ; il s'agit du " The Advancing Offshore Wind Production Act - (H.R. 2173) " (Loi sur la Promotion de la production d'énergie éolienne offshore) porté par le représentant de Virginie, Mr Wittman, par Mr. Hastings de Washington, par Mr. Lamborn et Mr. Broun de Georgie, et par Mr. Duncan du Tennessee (détail du projet de loi HR 2173). Cette loi HR 2173 pointe du doigt les principaux obstacles au bon déploiement de l'énergie éolienne offshore à grande échelle et à faible coût et des énergies marines en général et se propose d'y remédier.
Sont notamment désignés comme responsables :
- Les procédures et délais administratifs encore trop longs qui retardent considérablement la mise en place effective des parcs éoliens en mer,
- L'insuffisance du financement de la recherche et du développement et le déficit important qui existe et se creuse entre les sommes investies aux Etats-Unis et les sommes investies en Europe et en Chine. Ainsi, des 127 milliards de dollars investis dans les énergies renouvelables dans le monde en 2010, une minuscule part revient aux Etats-Unis,
- L'accès à des capitaux pour les démonstrateurs des nouvelles technologies renouvelables,
- L'accès à des financements pour faire passer les projets du stade de démonstrateur au stade de l'exploitation commerciale et les faire sortir de ce que les américains appellent la "Vallée de la Mort" des projets énergétiques,
- La compétitivité des coûts.

Dans un exposé volontairement alarmiste Dan Reicher du Steve Taylor Center for Energy Policy & Finance at Stanford University qui fut un temps pressenti pour devenir le Secrétaire d'Etat à l'Energie de l'administration Obama, très célèbre outre Atlantique pour son engagement dans le domaine des énergies renouvelables depuis plus de 25 ans, a mis en garde de façon on ne peut plus claire : "Si nous n'obtenons pas une action concertée entre notre gouvernement et le secteur privé, d'autres pays, comme la Chine et l'Allemagne, qui ont une vision énergétique à long terme quand il s'agit de technologies propres, seront les grands gagnants de ce marathon. Ce ne sont rien de moins que des milliards de dollars et des millions d'emplois qui sont en jeu sans parler de notre sécurité nationale et de l'avenir de la planète".

La loi Advancing Offshore Wind Production Act - HR 2173 permettrait de rationaliser le processus d'approbation d'infrastructures temporaires comme des tours ou des bouées de test, par le Bureau of Ocean Energy Management, Regulation and Enforcement (BOEMRE), et de développer les tests d'énergie éolienne offshore dans la zone externe du plateau continental.
Pour appuyer le projet de loi HR 2173, le représentant de Virginie, Mr Wittman, a ajouté : "La Virginie a la possibilité d'être un véritable chef de file dans le développement de l'éolien offshore. Forts de ressources offshore éoliennes exceptionnelles et d'une puissante industrie manufacturière maritime, les habitants de l'Etat de Virginie sont prêts à se mettre au travail pour produire de l'énergie de fabrication américaine".
Les élus des Etats-Unis votent ou non cette loi aujourd'hui même.

Sources : Sites liés et cités. Photos : Carte des sites propices à l'implantation de l'éolien offshore sur les cotes Est des Etats-Unis © BOEMRE

Grand Port Maritime de Bordeaux : appel à candidatures "éolien offshore" sur la zone du Verdon


BORDEAUX - (France) - 22/06/2011 - 3B Conseils -
Par Francis Rousseau -
A défaut d'un terminal méthanier ou peut-être en plus du terminal, le Grand Port Maritime de Bordeaux (GPMB) souhaite positionner la zone du Verdon sur le secteur de l'éolien, et notamment de l'éolien offshore. Un article récent paru dans Mer et marine.com (ICI) fait clairement état de la volonté du GPMB de développer son terminal portuaire du Verdon, avec l'implantation d'activités industrielles nécessitant la proximité immédiate d'infrastructures portuaires, ce qui sous-entend "à peine" la production d'éoliennes offshore. Le GPMB se dit "tout à fait en mesure d'accueillir l'ensemble de la chaîne de production d'éoliennes onshore ou offshore de dernière génération (construction, assemblage, exportation) " sur ses terrains et ajoute qu'il "peut également offrir une zone foncière particulièrement adaptée pour implanter les prototypes indispensables à la réalisation des tests et mesures diverses. La perspective de la création d'une Zone de Développement Eolien (ZDE) est un argument de poids, renforçant l'attractivité de la région pour l'émergence d'une nouvelle filière " . Le Grand Port Maritime de Bordeaux est, d'autre part, membre du Cluster Eolien Aquitain.

Qu'est ce que le Cluster Eolien Aquitain ? Créé en 2010 à l'instigation du président de Région Alain Rousset, il regroupe comme tout cluster, les entreprises et acteurs publics qui œuvrent pour le développement de la filière éolienne en Aquitaine et mobilise les compétences complémentaires des agences, des industriels et des collectivités aquitaines. Soutenu par la Région Aquitaine et la CUB (Communauté Urbaine de Bordeaux), le Cluster Eolien Aquitain (association Loi 1901) met en relation des entreprises de pointe dans le domaine du stockage énergétique, de l’aérospatial/défense ou des matériaux composites avec des laboratoires de R&D de renommée mondiale. Des entreprises leaders de l’éolien apportent, au sein du cluster, leur connaissance du marché et des besoins des clients. Effectivement, si l'on se penche sur le détail, il ne fait pas de doute que la concentration industrielle favorable existe bel et bien avec des sociétés comme Valorem, pionnier de l'éolien français depuis 1994 qui a développé et construit de nombreux projets éoliens onshore et se trouve bien placé dans le offshore, de Plastinov, spécialisé dans l'étude, le développement et la mise en œuvre d’ensemble en matériaux composites,comme Lectra, qui intervient dans la fabrication des pales d'éoliennes, et comme Epsilon Composite, première entreprise mondiale consacrée à la pultrusion de profilés en fibre de carbone et surtout du géant français de l'aéronautique et de l'espace EADS.

Dès 2008 (cf. ICI) EADS avait obtenu par le biais d'Eurocopter UK et de son EC135, le contrat des opérations de maintenance, de transport de personnel et de marchandises du parc éolien offshore britannique de Greater Gabbard, l'un des plus grands du monde dont la construction s'achèvera en 2012. Mais c'est surtout la branche EADS Astrium qui nous intéresse plus précisément. Car c'est avec EADS Astrium, No.1 européen et No.3 mondial de l’industrie spatiale, leader incontournable du transport spatial, des systèmes satellitaires et des services spatiaux, que EADS Astrium a fermement décidé de mettre les exigences de qualité du secteur aéronautique et son expérience de plus de 40 ans, au service de la fabrication de pales d'éoliennes. Fin 2010, Valérie Cazes, directrice des équipements et services d'Astrium, ne déclarait-elle pas dans un entretien publié par le Financial Times Deutschland (repris par Reuters ICI) : " Nous voulons être le numéro un de la construction des pales d'éoliennes en France et, pourquoi pas, aussi le numéro un en Europe... Nous pensons également à l'exportation et l'Allemagne, bien sûr, est comprise".

Depuis lors, EADS Astrium a déjà reçu des commandes d'AREVA Wind (visionner le film technique de l'éolienne offshore Areva M5000) et du Groupe Vergnet. Le Cluster Eolien Aquitain a donc largement les moyens industriels de ses ambitions. Se joignant à ce potentiel de compétences déjà impressionnant, de nouveaux projets de développement qui s’appuient sur des thématiques d’excellence sont actuellement en cours de développement local pour répondre aux besoins d’une filière en constante évolution. Aux côtés du MIB (Materials and Systems Institute of Bordeaux), labellisé Institut Carnot, et de l’INRIA Bordeaux-Sud-Ouest, plusieurs laboratoires développent une expertise reconnue depuis de longues années dans les domaines du génie civil, de l'acoustique, du génie mécanique et énergétique, de la modélisation et de l'élaboration des matériaux, des capteurs, des microsystèmes, du traitement du signal, des nanomatériaux, des polymères et composites, de la fiabilité des composants... Des sociétés telles que Rescoll, société indépendante spécialisée dans les innovations technologiques (notamment en matériaux polymères) et Nobatek (produits et procédés innovants dans la construction durable), ou encore la plateforme d’innovation Canoe (matériaux nanostructurés) apportent aux entreprises tout un ensemble de savoir-faire et de moyens techniques susceptibles de développer de nouvelles performances ou produits.

Fort de l'appui potentiel du puissant réseau industriel et scientifique du Cluster Eolien Aquitain, et des résultats d'une étude prospective pour l'implantation de nouvelles activités industrielles et logistiques sur le port de Bordeaux, étude commandée au cabinet Ersnt & Young, (remise le 5 mai 2011), le Grand Port Maritime de Bordeaux (GPMB) a donc décidé de publier un appel à candidatures pour ses emprises foncières sur le site du Verdon. Cinq parcelles sont concernées, dont une située en zone franche douanière, pour les projets industriels d'un ou plusieurs opérateurs. Une zone de test de 100 ha dont 14 immédiatement utilisables pourrait également être mise à disposition pour l'installation de prototypes. Les représentants du port ont souligné dans leur déclaration que : "Le terminal en eau profonde du Verdon, équipé d'une rampe pour navires rouliers et disposant d'aires de pré-stockage et de stockage situées immédiatement à l'arrière de la zone de déchargement, représente in fine un emplacement portuaire performant, capable de répondre aux besoins logistiques des projets industriels éoliens, notamment offshore, prévus en France et en Europe. Des synergies industrielles sont possibles avec l'Eco-parc de Bordeaux Blanquefort, et le site portuaire de Grattequina, où le port investit 20 millions d'euros pour la création d'un nouveau terminal portuaire, permettant notamment le chargement de pièces de grandes dimensions".

Les candidats ont jusqu'au 15 septembre 2011 pour remettre leur dossier, la sélection étant prévue, au plus tard, le 15 novembre 2011. Le GPMB prévoit ensuite la signature, avec la ou les sociétés retenues, d'une convention de réservation de 3 ans, "pour un projet industriel capable de générer du trafic maritime et de valoriser la zone industrialo-portuaire du Verdon tout en intégrant les différents enjeux environnementaux du site". Un positionnement sur des projets éoliens offshore français (pour l'instant en devenir) et européens ou étrangers (en plein développement) qui semble être une excellente opportunité de développement à moyen et long terme pour ce grand port du Sud-Ouest de l'Europe !
Le nombre d'emplois potentiels directs et indirects créés sur site pourrait être compris entre 500 et 1000., voir dépasser ce chiffre.

NB : le Cluster éolien Aquitain créé en décembre 2010 est présidé par Jean-Yves Grandidier, PDG de Valorem

Sources : Sites liés et cités. Photos 1 : Site de Verdon © GPMB. 2. Plan sites © Cluster Eolien Aquitain 3 : Pales d'éoliennes © EADS Astrium . 4 Eolienne en mer © AREVA Wind 5. Schéma Zone du verdon © GPMB 6. Travailleur sur un site éolien offshore © AREVA Wind

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FERMENTALG : 14,6 M€ pour l’exploitation industrielle des microalgues



LIBOURNE - (France) - 21/06/2011 - energiesdelamer.eu par Francis Rousseau

 

La start-up française FERMENTALG, pionnier et leader de la recherche, du développement et de la production de microalgues vient de faire savoir qu'elle avait réuni, au début de ce mois, 14,6 M€ d’aides et d’investissements avec le soutien d’OSEO pour lancer le premier projet européen d’envergure autour de l’exploitation industrielle des microalgues (EIMA). Cet investissement intervient quelques mois seulement après une levée de fonds de 5,3 M€, réalisée en janvier 2011 auprès d'investisseurs d’envergure nationale comme la compagnie de capital risque Emertec, ACE Management, Demeter Partners, CEA Investissement (spécialisé dans l’amorçage d’entreprises technologiques), Aquitaine Création Investissement et le Groupe Picoty spécialisé dans le négoce et le stockage des produits pétroliers. Le projet, connu depuis quelques années maintenant, porte sur des souches et cultures de microalgues dites «hétérotrophes» ou «mixotrophes», nécessitant en l'occurrence pas ou peu de lumière pour leur croissance, ce qui permet d’obtenir des rendements de cinquante à cent fois supérieurs aux cultures traditionnelles «autotrophes».

A propos du programme européen EIMA (pas de site web et acronyme très répandu) d'exploitation industrielle des microalgues, Pierre Calléja, président et fondateur de FERMENTALG, biologiste qui a déjà travaillé sur les micro-organismes dans la branche aquacole pour Ceva Santé animale, précisait récemment dans un entretien avec le Journal Sud Ouest : "Avec EIMA nous entrons dans une réelle phase d'exploitation. Grâce à ce programme sur cinq ans, nous allons mettre en place une véritable usine et différentes productions. À commencer par les compléments alimentaires comme les omégas 3 dans l'année qui vient, les molécules destinées à l'industrie cosmétique dans les trois ans et, d'ici la fin du programme, la chimie verte pour les bioplastiques. La dernière carte à jouer sera celle des biocarburants. Il suffirait seulement de 1 000 mètres carrés de microalgues cultivées dans le noir pour produire autant de biodiésel que 500 hectares de colza. Un rendement 5 000 fois supérieur, assuré, qui plus est, sans produits chimiques, sans pesticides ni rejets polluants, et jouissant d'un bon bilan carbone".

 



C'est un discours que l'on a déjà entendu outre-Atlantique, où il a produit quelques résultats encourageants. En France, l'ambitieux projet EIMA rassemble un réseau de partenaires de premier plan structurant l’ensemble des filières en attente de matières premières issues des algues. C'est le cas de grands industriels dont Fermentalg a su faire des alliés de comme Lactalis, numéro 2 français de l'agroalimentaire, Pierre Guerin Technologies, spécialiste des cuves inoxydables, Sanders, nutrition animale, Rhodia, chimie et cosmétique et, selon le journal Sud Ouest, Diester (numéro 1 français des biocarburants). C'est aussi le cas d'institutions scientifiques comme le Commissariat à l'Energie Atomique et aux énergies alternatives (CEA), le CNRS, l'INSA (Institut National des Sciences Appliquées de Lyon), l'ITERG (Institut National des Corps Gras) de Pessac. Ces associations entre privé et public pourraient finir par former un consortium de plus de 120 personnes. Le projet EIMA devrait entraîner une division par 10 des coûts de production de la biomasse issue des microalgues d’ici à 5 ans, permettant à terme son utilisation pour des applications telles que la production de biocarburants. "Cette phase d’industrialisation, qui est une première en Europe, permet de hisser Fermentalg au niveau des principaux compétiteurs mondiaux, basés aux Etats-Unis et en Chine, et nous ouvre de vastes perspectives de développement", se félicite Pierre Calléja.

Créé en 2009 à Libourne, FERMENTALG emploie aujourd’hui 20 personnes et dispose d’un large portefeuille de propriété intellectuelle dans le domaine des microalgues et de leur exploitation.


Eu égard aux capitaux engagés et aux partenariats en cours, le projet FERMENTALG semble être pour l'heure l'un des projets français les plus sérieux dans le domaine de la production de biocarburants algaux sourcés.

Sources. Docs et sites liés. Photos ©Fermentalg

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